je ne sais pas ce que j'ai, mais ca va pas.
je ne parviens pas à en dire plus. en temps normal, je devrais pouvoir définir précisément ce qui ne va pas. mais le "temps" n'est plus "normal". dans l'instant, les mots me font défaut, ou la force de les dire. c'est peut-être ca : je me sens trop fatigué pour dire ce qui m'arrive. lassitude, épuisement, tout est lourd, difficile, insupportable. seul projet, seul objectif : chercher le sommeil et s'y réfugier. ah ! pouvoir dormir, pouvoir plonger dans l'oubli de moi, mon corps, mes jours de la vie. et espérer que le sommeil m'aidera et me réparera, que j'en ressortirai meilleure, plus en forme. vite, vite du sommeil ! et ce n'est pas seulement à l'approche de la nuit que j'appelle et recherche le sommeil. c'est le jour, en milieu de matinée ou en milieu d'après-midi, c'est tout le temps. m'allonger, fermer les yeux, clore ces paupières lourdes et poussiéreuses, appesanties par une sorte de sable et de poudre sèche, tomber, sombrer, m'endormir enfin, quelle délivrance ! voici le silence, le vide, le repos. ca va m'aider, ca ira tellement mieux quand j'aurai dormi. le sommeil aura été trop court. tu te réveilles en sursaut. tu n'as rien réparé, rien reconstruit, tu es plus fragile encore qu'une heure auparavant. et maintenant, le restant de la journée est devant toi, c'est à dire le restant de la souffrance, un espace de douleur et de vide, de peur.




